
La récompense d’une bonne action, c’est de l’avoir faite.
- Seneca
Michel de Montaigne (1533-1592) wrote 108 essais.
France is composd of 101 départements.
For my project Les essais I would like to write one essay of Michel de Montaigne,
in white chalk, in each département of France.

My project ‘Les Essais’ was launched with De la Solitude (Paris, 2014). The idea is simple and ambitious… as is the work of Michel de Montaigne (1533-1592), who had the idea to write a book about himself. With his unceasing efforts he was able to leave us a formidable collection of 108 essais gathered together in a a book that is strikingly unique. Inspired not only by the content of the Essays, but also by his effort and the grandeur of his idea, my project is simple: because Michel de Montaigne wrote 108 essays and in France there are 101 departments, I would like to write an essay of Montaigne, in white chalk, in each département of France. This is a project that will occupy me for the rest of my life… and this would be a welcome and just
accompagniment.
My literary interventions are characterized by their fugacity; they are ephemeral, like all of our efforts. In De la Solitude Montaigne wrote “ In solitude be a crowd unto yourself ”. This phrase, this command has been a guiding light for my life. And in this life of generalized insomnia how do we inspire our capacity to dream? In this world where we all suffer beneath the dictature of time how much time is necessary to express and transmit the essential ? Is it possible to seed an impulsion to dream, to inspire a creative desire in the blink of an eye? A man alone ⎯ in writing the words of an essay composed in the sixteenthh century, would this be enough to topple the tyrrany of the quotidian? How to humiliate those things that crush our capacity to dream? This is the nature of my effort here. Montaigne wrote, “ In solitude be a crowd unto yourself ”. In writing Montaigne’s words and reflections on solitude my dream would be to make them legible and pertinent for those who pass by, those who should never forget that they merit their own solitude.
De l’expérience
written throughout the Finistère (France), 2020 - present
Ile d’Ouessant : July 27th, 2020
plage de Kermyl, Beg-Meil: August 8th, 2020
C'est mon expérience qui me permet de dénoncer l'ignorance humaine, ce qui est, à mon avis, la meilleure leçon de l'école de la réalité.
- Montaigne



Nous recherchons d'autres façons d'être parce que nous ne voulons pas chercher à comprendre les nôtres, et nous sortons de nous-mêmes, parce que nous ne savons pas ce qui s'y passe.
- Montaigne




plage de Kermyl, Beg-Meil: August 8th, 2020
Philosopher, c'est apprendre à mourir
Au lecteur
D'un mot de César

29 juin 2017. 1h – 15h; 21 aout 2017, 1h – 15h.
enclos Saint Césaire, Arles , France
InSitu 1.2,
Le savoir mourir nous affranchit de toute subjection et contrainte
- Montaigne





Aujourd’hui je vous présente Philosopher c’est apprendre à mourir, une sélection de trois essais par Michel de Montaigne écrit en craie blanche. Cette installation est une partie de mon projet Les Essais.
Nous sommes à Arles, et nous connaissons qu’il y a une passé qui ne passera jamais… mais nous oublions qu’il y a des futurs qui n’arriveront jamais. Et à cause de ça le présent, le moment, cherche toujours une orientation, une direction, une sens.



Le moment est exigeant. Sa générosité, ses richesses, sont repérables pour ceux qui sont présents. Il faut être là, il faut être ici…
S’il faut être présent c’est surtout présent à soi-même. La question posée par Montaigne, et le moteur pour toutes ses recherches et digressions : comment vivre ? est une question pour toutes et tous… et elle est une sollicitation qui arrive avec toute sa force quand nous prenons le présent par la main, quand nous regardons dans les yeux ce qui est en train de partir, et quand nous embrassons ce que vient d’arriver.



Le moment— moi, j’habite là, une frontière infranchissable, mais accueillante. Et aujourd’hui, avec vous, avec Montaigne, avec une passé qui ne passera jamais, nous avons la chance de partager et d’accepter la générosité singulière du présent.
Comment vivre ?
N’aies pas peur.
C’est à nous à répondre.



I would like to thank Abdel Oustad and Cultures Nomades, all the bénévoles, and especially Michelle and José Villemin. I would also like to thank Françoise Le Goff for her photography and Helena S. for her resistance to the erasure of the work by impeding access to the site by the city streetcleaner. Finally I would like to thank all the Arlesiens and Arlesiennes who welcomed Montaigne, and me, into their city.
Sur les Exercices
28 mai 2016. 7h – 19h
Saint-Cast-le-Guildo, France
(les Pierres Sonnantes)
It is not my actions that I describe : It is myself, i is my very essence.
Ce ne sont pas mes actes que je décris : c’est moi, c’est mon essence même.
- Montaigne






De la gloire
23-24 juin 2015. 21h – 13h; Biarritz ,France)
(la falaise, entre l'avenue de l'Impératrice et la Phare)
La récompense d’une bonne action, c’est de l’avoir faite.
- Seneca








De la solitude

Nuit Blanche2014, Paris
4 octobre 2014, 19h - 7h, 4 rue des Irlandais
Dans la solitude sois une foule pour toi-même /
in lonely places be a crowd unto yourself
- Michel de Montaigne

En regardant le texte sur le mur, un enfant m’a interpellé « tout va disparaitre demain … vous aurez alors perdu beaucoup de temps …». J’ai répondu : « on ne perd jamais du temps en exerçant une activité pareille. Pendant que j’ai écris le temps est resté à coté de moi, tel un compagnon… »



De la craie blanche sur un mur pâle? Le texte est difficile à lire et pas facile à photographier. Pour le visualiser, il fallait s’arrêter pendant un moment, ou deux… trouver la solitude dont parle l’œuvre, il faut se mettre ‘en pause’. Ce que vous découvriez, c’est une rue qui offre du calme et de la réflexion au centre d’un monde qui exige le mouvement permanent et qui ne demande que de la réaction de votre part.
Montaigne a écrit : «ce qu’il vous faut rechercher, ce n’est plus de savoir comment le monde parle de vous, mais comment vous parlez vous à vous-même. Retirez-vous en vous-même, mais préparez-vous d’abord à vous y accueillir». De la Solitude était un effort de créer un tel accueil, de montrer qu’il est possible de ‘se retirer en soi-même’. De la Solitude n’est pas une destination mais une porte. Mon approche reste clairement contraire à toutes les formes de création monumentales.



Avec l’élément de l’éphémère comme référence, je mets la valeur du monument en question. La culture n’est pas un monument. Je ne crée pas des images devant lesquelles vous pouvez passer et prendre des photos pour ensuite les disperser à vos centaines d’amis virtuels.
De la même façon qu’il n’y a pas une pilule pour apprendre un langage de manière immédiate, la culture instantanée n’existe pas.
La culture n’est pas un monument— vous devez la revisiter, la retoucher, la retracer, la régénérer. C’est la générosité de l’artiste exprimée dans son œuvre qui rend possible cette rencontre. Pour être bien reçu, il faut que vous offriez de la patience et une ouverture d’esprit.


Un texte difficile à lire n’est pas forcément illisible : il faut pouvoir 'le chercher'… son message, son trésor, ne demeure pas dans l’immédiat. L’approfondissement est la seule demande d’une œuvre qui rêve d’être plus qu’une publicité, plus qu’une phrase, une marque.
Dans ce monde où nous sommes sollicités par des ouvrages qui ne demandent que de l’adoration, ou d’être «liked » une telle exigence (et celle dont parle Montaigne dans son essai De la Solitude et qui est la base de mon travail), s’avère oppressive et fanée.
Si le monde n’a pas le temps pour le temps, est-ce que le temps a le temps pour nous ?

Je voudrais remercier Solène Dubois, Cécile Charré, Selma Mutal, Toby, Mackenzie Taylor, la ville de Paris, et l'Institut Curie— qui étaient indispensable pour cette aventure.

Cette oeuvre était réalisée en collaboration avec
l'Institut Curie (Paris)


