• Poetry is disaster

    33 pl. de Charles de Gaulle
    Morlaix 29600
    06 33 07 40 54


    Le commencement est le moment où, selon la légende, le ciel et la terre auraient été créés. Cependant, les créatures mortelles que nous sommes doivent puiser leur force dans les fins.

    Créer une œuvre d’art, c’est inaugurer un nouveau commencement dans le temps. Aussi minuscule et apparemment insignifiant soit-il dans le contexte cosmique, il s’agit néanmoins d’un commencement. Et la nature, l’existence, sait toujours apprécier une telle générosité. Malheureusement, il nous arrive bien trop souvent de ne pas savoir reconnaître la forme que prend cette reconnaissance.

    Pour un artiste, une œuvre achevée a parcouru tout le chemin possible, ses possibilités se sont concrétisées, elle est arrivée à destination ; cette même œuvre, pour n’importe qui d’autre, est un commencement, une ouverture vers des possibilités insoupçonnées, un point de départ.

    Mais c’est le poète qui comprend que ce n’est qu’en achevant quelque chose d’important que l’on est capable de véritablement commencer.

    Chaque poète est une civilisation possible.

    Le poète cultive l’immensité.

    Le désir du poète est qu’il y ait, dans cette vie faite d’innombrables départs, une seule approche.

    Le poète lui-même est l’incarnation du phénomène du commencement.

    Un poète ne doit jamais cesser de quitter son foyer, où qu’il soit et quel qu’il soit.

    Être la prochaine étape quand il n’y a plus d’étapes à franchir.

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    Arrivées et départs : nos vies ne se composent peut-être que de cela.

    Ainsi, lorsque vous arrivez sur le quai où le train – votre train – s’apprête à partir, vous n’avez aucune excuse pour ne pas être prêt, vos bagages déjà faits. Le voyage ne devrait pas être une surprise. Si c’est le cas, si vous arrivez sans bagages et les poches vides, vous repartirez peut-être avec tout ce que vous avez gagné.

    Créer, c’est accepter de porter ce fardeau de la beauté… plus loin encore.


    Tous les textes sont tirés de A Personal dictionary de Mike Schertzer

    Beginning  is where heaven and earth were reportedly created. However, mundane creatures such as ourselves must find sustenance in endings.

    To create a work of art is to inaugurate a new beginning in time. As miniscule and seemingly insignificant it may be in the cosmic context, it is nevertheless a beginning. And nature, existence, is always appreciative of such generosity. Sadly it is all too common that we are unable to recognize the form of such appreciation.

    For an artist, a finished work has traveled as far is it can, its possibilities have been realized, it has arrived; this same work, for anyone else, is a beginning, an opening towards unimagined possibilities, a point of departure.

    But, its is the poet who understands that it is only by finishing something significant that one is able to truly begin.

    Every poet is a possible civilization.

    The poet cultivates immensity.

    The poet's desire is that in this life of countless departures there is one approach.

    The poet itself is an embodiment of the phenomenon of beginning.

    A poet must never cease leaving home, wherever or whatever home might be.

    To be the next step when there are no more steps to be taken.

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    Arrivals and departures: our lives may be composed of nothing else.

    And so, when you arrive on the platform where the train that is your train is preparing to depart there is no excuse not to be ready, with your bags packed. The journey should not be a surprise. If it is a surprise, if you arrive without luggage and with empty pockets, perhaps you will be leaving with everything you have earned.

    To create is to agree to carry this burden of beauty… further.


    All texts are from A Personal dictionary by Mike Schertzer