Pain Proust




      

À la Recherche du Temps Perdu

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12.09.2010









Combray


I     3

 

 

 

 

 

 

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Un Amour de Swann

















Du Côté de chez Swann
(volume I)




j’entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné,
comme le chant d’un oiseau dans une forêt,
relevant les distances

l’espérance d’être soulagé lui donne du courage pour souffrir

le sentiment de l’existence comme il peut frémir au fond d’un animal

l’immobilité des choses autour de nous

on se blottit la tête dans un nid qu’on se tresse avec
les choses les plus disparates

le bon ange de la certitude avait tout arrêté autour de moi

l’opacité des murs d’impalpables irisations

je ne peux dire quel malaise me causait pourtant cette intrusion
du mystère
et de la beauté

dans son âme l’ivresse de l’orage

une inviolable solitude

embrasse-moi une fois encore

son bruit ferrugineux, intarissable et glacé

une question ardue

des hasards d’une carrière exceptionnelle

dans un empire soustrait aux yeux des mortels

sur un fond de ténèbres

notre personnalité sociale est une création de la pensée des autre

le milieu, inconnu

un véritable commencement d’atrophie

si loin l’art de dissimuler sous des périphrases ingénieuses

l’incertitude maladive

des idées d’avenir qui auraient dû me conduire comme sur un pont au delà de l’abîme prochain qui m’effrayait

avec un air mêlé de congratulation et d’ironie

nous lisons trois ou quatre fois dans notre vie les livres où
il y a des choses essentielles

comme un peintre qui ne peut obtenir que
de courtes séances de pose

un mouvement de révolte

au milieu de délicates sculptures

les barrières étaient tombées, un fil délicieux nous réunissait

ces heures inaccessibles et suppliciantes

exposés sur ce silence qui n’en absorbait rien

on ne déclarait pas cette origine

c’est la fable de la ville

je murmurai ces mots que personne n’entendit

la possibilité de telles heures ne renaîtra jamais pour moi
le soulagement

de n’avoir plus à mêler de scrupules à l’amertume

tracer dans son âme une première ride

chercher notre plaisir ailleurs que dans les satisfactions
du bien-être et de la vanité

éliminer entièrement la banalité

quelque chose d’indéfinissable et de délicieux

la douceur qu’il y a dans la bonté, la mélancolie qu’il y a
dans la tendresse

l’amorce de l’allée obscure

il dépend du hasard que nous le rencontrions avant de mourir, ou que nous ne le rencontrions pas

un éclaircissement décisif

plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles

le goût du morceau de madeleine

toujours couchée dans un état incertain de chagrin

saturé de la fine fleur d’un silence si nourricier, si succulent

concassées ou tressées comme dans la confection d’un nid

la chronique quotidienne mais immémoriale

les remous concentriques d’un sourire de reconnaissance anticipé

être un motif de joie ou de tristesse pour une autre

une inéducable nullité

les moments où je n’ai pas de faiblesse sont bien rares

il n’y a pas besoin de chercher

et de consacrer à ce fait incompréhensible

la noble poussière

l’infrangible dureté

la trace palpable

sous la voûte obscure et puissamment nervurée

si mes yeux ne percevaient pas d’intervalle, mon esprit réservait
un abîme

de néfaste redevenue propice

les cris des oiseaux

une matière si différente, si précieuse, si annelée

une insouciance mêlée de fantaisie

bleu et désenchanté

par certains silences de désapprobation ou par certains sourires
de doute

des ruses toujours victorieuses

fugitive et légère comme une œuvre de circonstance

tojours couronné du roucoulement

d’un bleu qui prétendait imiter le ciel

les differences les plus minimes me semblaient avoir une importance incalculable

le saisissement et les souffrances de l’amour

un silence, puis le bruit de portes qu’on fermait

d’être ainsi invisible

une rêve disponible de beauté sentimentale

un silence qui n’en a pas pour nous

une institution permanente à qui des attributions invariables assuraient une sorte de continuité et d’identité

le serpent qui siffle aux lèvres de l’Envie

le visage antipathique et sublime de la vraie bonté

d’une main immobile au milieu d’une eau courante

le bordait d’un mince liseré spirituel

la rapidité de notre respiration et l’intensité de notre regard

on a la sensation d’être toujours entouré de son âme

d’un monde inconnu

soigneusement vidés

le seul cadeau

où on croit qu’on crée ce qu’on nomme

sans trêve et sans bruit

les élans de notre sensibilité ont peu d’empire sur la suite de
nos actes et la conduite de notre vie

comme un air de musique dont on raffolera, mais qu’on ne distingue pas encore

l’inépuisable torrent des belles apparences

plus harmonieuses quand elles étaient ainsi voilées

mon humble vie et les royaumes du vrai

le désespoir d’un amoureux qui veut aimer pour la vie et
à qui on parle des autres maîtresses qu’il aura plus tard

l’excès les petits faits précis

arbitraire et charmant

rempli à la fois de désir et de désespoir

légèrement obscurcie par l’incertitude de savoir

l’unisson de la joie

des fenêtres qui ne donnent pas de jour

qui semble du reste très poli

avec toute la présomption d’une jeunesse à qui
la discipline a manqué

comme des trésors follement gaspillés pour une ingrate

avec une férocité maternelle

le bonheur des méchants comme un torrent s’écoule

qui permet que la vie soit moins cruelle que les rêves

ces petits événements intérieurs

inséparables des mystères et qui enjolivaient encore les fêstons
de leur feuillage

je sentis tout d’un coup

l’exil et la détresse hors du monde civilisé

au bout de ces chemins inconnu

d’un incendie où nous avions déjà tous péri

un divertissement cruel

une méchanceté née de l’oisiveté

au bout d’une route interminable

à travers le déguisement
sans une plainte

une malheureuse créature humaine

incapable de fuite ou de résistance

le jouet inerte et mécanique du bonheur

nous envoie d’un pays où nous ne retournerons plus

où les yeux las ne tolèrent plus qu’une lumière,
celle qu’une belle nuit
comme celle-ci prépare est distille avec l’obscurité

une affirmation invraisemblable

les mille flèches

d’une douceur charmante

avec un air d’amitié et de franchise

qui cache a tous les yeux quelque secret impérissable
de bonheur et
de désenchantement

au commencement de la saison où

l’horizon, dérobé à la vue

plutôt idéal que réel
obscurcie par l’ombre des grands arbres qui l’entouraient

un invisible oiseau s’ingéniant à faire trouver la journée courte,
explorait d’une note prolongée,
la solitude environnante
un souffle défait

l’immense étendue où déferlent les

pensées

le regard qui voudrait toucher, capturer, emmener le corps
qu’il regarde et l’ âme avec lui

l’inconnu de sa vie

ce grand renoncement

une fatigue, sinon une souffrance

ces vains ornaments, ingrat
envers l’inopportune main qui en formant tous ces

œuvres naïvement incomplètes

qu’un œil ouvert ne peut faire autrement que de percevoir

les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances

ses préjugés moraux

des oiseuax migrateurs

des sentiments

des petits bateaux qui ont replié leurs voiles et sont immobiles
au large
pour toute la nuit

des supplications et des salutations désespérées

comme une toupie qu’on lache

ce désaccord entre nos impressions et leur expression habituelle

le désir

obscurément attendu, immanent et caché

les baisers de celle qui est auprés de nous

les créations purement subjectives, impuissantes, illusoires

pauvres morceaux d’un vieux professeur de piano

quelque chose insignifiante qu’on fasse

des profanations rituelles

le sadisme qui donne une fondement dans la vie
à l’esthétique et du mélodrame

un etre de bonté et de souffrance

avec l’exactitude indolente et soigneuse

de l’enfant de chœur

la pauvre plante

inéluctable et funeste

changeant sans cesse pour rester toujours en accord

une existence si abstrait, si idéale

une illusion sans consistance

une chapelle

paralysée au contact d’un réalité si différente

les audaces espiègles et les entreprises indiscrètes

ce regards volontaires, chargés d’une signification précise

l’illusion d’une sorte de fécondité

de l’ennui

l’obligation de chercher à découvrir

une solitude où tombait déjà l’obscurité

on voit un oiseau voler dans le rose, il va
en atteindre la fin, il touche presque au noir, puis
il y est entré

un mémorialiste perdu dans la foule

cette angoisse qui plus tard émigre dans l’amour

un simple désire de voyage

maladroitement installé


*


Adhérer tacitement

à la naiveté

capable de faire lâcher

les désirs

les divertissements médiocres ou les supportables ennuis

qui ont vécu dans l’oisiveté et qui cherchent une consolation

quel est donc ce mystère ? je n’y puis rien comprendre

la réalisation plus ou moins complète
d’un rêve né de la vue d’un visage
ou d’un corps

vers lequel tend nécessairement l’amour

engoncé ou perdu

j’aimerais tant m’instruire, savoir, être initiée

à n’importe quelle

impropriété

en dehors de l’existence pratique

au comble d’une anxiété

un reste de l’innocence du premier âge

un mot grave dit sérieusement

d’une incessante et fictive hilarité

une preuve de la séduisante originalité de la

sagesse

multiforme, indivise, plane et entrechoquée
comme la mauve agitation des flots que charme et bémolise
la clair de lune

qui travaille à établir des fondations durable au milieu

des pensées sans importance

la différente

l’andante

de la grace

dont l’altération dans la langage dénonce la folie

un peu fatigant de se mettre à rire pour si peu

l’apaisement habituel

le petit noyau

quelque chose d’accompli, comme le détachement qui succède
au regret

l’essence d’une liaison passagère

la pénombre de

l’amour a tellement besoin de se trouver une justification,
une garantie de durée

le désordre de la pensée

un singulier certificat de réalité et de vie

purement charnelle

pleine de déceptions feintes et de colères simulées

cette certitude

de déflorer le sentiment

un fiévreux qui vient de dormir et qui prend conscience
de l’absurdité des rêvasseries

l’acceptation de

tous les modes de production de l’amour, de tous les agents
de dissémination du mal sacré

un enfoncement

convenable

le simulacre d’arrangement

un plaisir qui n’avait pas existé

dont l’apaisement actuel était si doux

cette soif d’un charme inconnu

la trace indélébile de la sécheresse

des lois immuables et naturelles

la fausseté

une seule chose en dehors de tous ces sourires adressés

à cette lourdeur d’esprit

accessible à tous

la prétention d’aimer

la pratique du désintéressement

la sensualité

au fond de tous les divertissements

on fait ce qu’on veut sans contrainte, sans cérémonie

on dit une chose, non parce qu’elle est vraie,
mais parce qu’on a plaisir à la dire

c’est un abjuration

le courage et l’hyposcrisie d’applaudir

les yeux fermés

l’amabilité

qu’on prend pour

la rouerie

sans pouvoir

un excellent prédicateur

un regard plein d’inquiète sollicitude

d'un grand inquisiteur qui ne parvient pas à extirper l'hérésie

une définition bien curieuse de l'intelligence

une réfutation désormais inutile

le simulacre de suffocation et d'hilarité

ce calembour

dans un pays de montagne, derrière
l'immobilité apparente et vertigineuse
d'une cascade, on aperçoit,
deux cents pieds plus bas,
la forme miniscule d'une promeneuse

chez elle

la tendresse

amalgame d'éléments inconnus et diaboliques

une paresse d'esprit

une sorte de langueur

le fond indispensable

l'échelle des plaisirs

dans la silence de la nuit le murmure

le tourment

que de bonheurs possibles dont on sqcrifice ainsi
la réalisation à l’impatience d’un plaisir immédiat

un blessé dont un maladroit vient de toucher
sans précaution le membre douloureux

le souvenir d’un bref regard

un détail véritable

qui n’offrait pas les mêmes dangers qu’un détail faux









 




































































































































































































































































































































































































































































 































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Poetry is Disaster 
correspond